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Paroles de détenus : raconter en prison

Raconter dans les prisons

L’artiste est libre comme l’air. Son domaine de création lui appartient. Il n’a de compte à rendre à personne. Il est le symbole d’une liberté totale qu’il défend farouchement. Et pourtant, à l’association AMAC, les artistes - conteuses racontent jusque dans les prisons. Pourquoi ?

Comment ne pas aborder le thème de l’enfermement lorsqu’il s’agit d’expliciter une action, un rôle, un but ou un désir : raconter dans les prisons. Il n’y a pas de parallèle à tracer entre l’artiste qui intervient auprès d’un public emprisonné et ce public même, ces détenus. Cependant tous deux ont une connaissance toute particulière de l’enfermement. Et qu’est-ce qui les en sort ? La parole et l’imaginaire. Autrement dit la recherche et la création.

A l’AMAC, le projet est double : non seulement le vasistas de secours est un outil commun à l’artiste et au détenu, mais par-dessus tout, il est à portée de main, plus exactement à portée de bouche. Bref, il est proche de l’un comme de l’autre, à la seule différence que l’artiste en est le guide et le détenu le visiteur, compte tenu du projet, du travail, du temps et de l’engagement qu’il implique. Vous l’avez deviné, cet outil ce sont la parole et les histoires, qui réunies, nous amènent naturellement au conte, à sa pratique et à ses univers.

Ecoute, appropriation, création

Les conteuses de l’AMAC, Agnès Chavanon et Chloé Gabrielli, proposent dans un premier temps, un spectacle de contes, une invitation au voyage par l’étroit, mais saisissant, sentier de l’univers des mots.

De cette première rencontre au sein de la prison, que l’AMAC et ses conteuses espèrent riche de lendemains, il peut naître un atelier de contes et de récits, qui regroupent 10 à 15 participants de manière régulière, à raison d’une fois par semaine.

Le répertoire des conteuses, grâce à sa richesse et à sa diversité, permet de répondre à un public très large et spécifique tel que celui des prisons.

Dans cet atelier de contes et récits, l’accompagnement des conteuses est fort et ininterrompu. Le rôle des détenus est d’abord d’écouter les histoires. Ils sont ensuite appelés à se les approprier afin d’y découvrir la langue orale, qu’ils connaissent parfois déjà suivant leurs origines, et d’en faire l’acquisition. Grâce à la maîtrise de cette dernière, les conteuses demandent aux détenus d’inventer leurs propres histoires, à partir de leur vécu et de leur expérience de la vie (amour, enfance, mort, sida, prison, religion ...) afin d’en faire des récits de vie.

Il n’y a pas de tabou quant au choix des thèmes abordés. L’expérience des conteuses répond de façon formelle à cette question. Tous les thèmes peuvent être abordés du moment qu’ils sont maîtrisés. C’est également de cette maîtrise dont il est question plus haut lorsqu’on parle de la langue orale. A tout niveau de l’intervention, l’atelier est un lieu d’apprentissage et d’accompagnement , seul le professionnalisme des conteuses en garantit la qualité et le bon déroulement.